Le livre Culture Libre de Lawrence Lessig disponible en français


Le fameux livre « Culture Libre » est enfin disponible en français sur lulu.com. Je ne vais pas paraphraser l’auteur ou la foultitude de blogueur qui en parle. C’est l’un de mes livres de chevets, un incontournable pour comprendre le mouvement du libre dans son ensemble et parfois aussi comment notre société s’est construite et vers quoi elle tend.

Pour ceux qui supporte l’anglais, allez faire un tour sur http://free-culture.cc/ pour comprendre la génèse du livre.

Toute mes pensées vont vers notre camarade Yves qui aurait tant aimé le partager avec nous et avec le public des JDLL et qui nous a quitté.

 

 

La culture libre, la vie publique et le droit à l’oubli


Le logiciel libre et la culture libre se forment à partir d’un principe fondateur : le partage. Derrière ce partage, il y a plusieurs buts : aider l’apprentissage, faciliter la reproductibilité, améliorer l’existant, et publier son expérience. Dit autrement :  transmettre, reproduire, étudier, distribuer.

Publier une informations dans un média, c’est sortir un élément de vie privée pour l’exposer au public. C’est le partage d’une expérience privée au grand jour, même si ce n’est pas la nôtre. Pour un journaliste, c’est rarement son expérience qui est partagée : il sert d’intermédiaire pour la révéler avec ou sans parti pris.

Le droit à l’oubli, c’est casser ce partage en mettant en avant la seule vie privée dans la balance. Plus moyen de transmettre cette information qui ne devrait exister, de distribuer ce que l’on a pu apprendre. Dans certains cas il serait possible d’arguer de la conception chrétienne du pardon : le temps a passé et les fautes ont été payées à la société… ou pas. La plupart du temps, ce qui est recherche c’est masquer les faits, l’oblivion. Comme dans ce passé proche, ou ce futur proche, dans lequel les autodafés détruisaient les livres qui ne relevaient pas de la morale d’une religion ou de la ligne d’un parti.

Ce qui est devenu public fait partie de l’inconscient collectif. En retirer une partie  ampute cet inconscient d’un souvenir. Sans nous en rendre bien compte, petit à petit, nous effaçons nos traces. Nous sélectionnons nos expériences pour nous façonner un futur. Mais qu’advient-il d’un bâtiment dont on prend les matériaux des étages inférieurs pour construire le sommet : il s’effondre. Effacer le passé, c’est aussi perdre nos racines, refuser notre apprentissage, nos doutes. Quelles seront nos valeurs refuges ? L’égocentrisme, le communautarisme et toutes les formes de repli sur soi qui nous ferons revenir aux pratiques des siècles passés.

Comment défendre la culture libre, le partage, et le droit à l’oubli ? Ce paradoxe vient du militantisme associé à la diffusion des idées de la culture libre. Nager à contre courant nécessite parfois d’avancer masqué. Entre théorie du complot et menace bien existante certains aimeraient faire table rase pour se protéger en oubliant qu’être militant c’est avant tout un don de soi, parfois corps et âme.

Puis vient le temps où il est temps de passer la main et de se retirer de la vie publique. L’envie de faire table rase et de redémarrer à zéro est tenace. Cependant, lorsque l’on a défendu le partage, il est compliqué de renier ses valeurs en imposant aux autres l’oubli. Pour un militant en activité, c’est juste inconcevable de défendre les deux à la fois : c’est comme vouloir à la fois la lumière et les ténèbres en oubliant les 50 nuances de gris, comme refuser de partager avec ceux qui ne partagent pas.

La Radio Numérique Terrestre : le grand bluff


Ces derniers temps beaucoup de blogs ont parlés de la disparition de la télévision Hertzienne au profit de la TNT et du fait qu’il n’y a plus d’adresses IPv4 disponibles et que les réseaux ne sont pas encore prêts à migrer en IPv6. Tiens d’ailleurs, pourquoi vous payez un modem ADSL qui vous apporte la TNT alors que vous l’avez déjà sur une antenne gratuitement ? L’autre grand chantier de feu le secrétariat à l’économie numérique était la mise en route de la Radio Numérique Terrestre. Toujours repoussée et peu soutenu politiquement le chantier s’éternise (Radio numérique terrestre : encore un petit effort). Pourtant le chantier semble urgent car il reste encore moins de fréquences disponibles que d’adresses IPv4 toutes proportions confondues et celles disponibles font l’objet d’une lutte acharnée.

D’abord où trouver de la documentation ? Il y a un site officiel http://www.radio-numerique.fr/ avec le dernier rapport en date (Rapport Kessler – L’option privilégiée de tester la RNT en Bretagne) et un site qui semble aggréger les news et attirer les moteurs de recherches http://www.radionumerique.biz/. Sur le site officiel il y a une chose flagrande : la RNT est lancée. Par contre il n’y a pas moyen de mettre la main sur les zones couvertes et sur un plan de déploiement. De même, il est mentionné des partenariats pour créer des récepteurs : Pure avec quelques modèles et iRiver avec un plugin qu’il n’est pas possible de retrouver sur leur site.

Pour le déploiement j’ai essayer d’éplucher les compte-rendus officiels et les articles de presse mais je n’ai rien trouver de concluant. Sur le site biz il y a une page dédiée Carte de déploiement de la RNT qui ne cite aucune source. Donc potentiellement des radios émettent depuis 2009 dans le plus grand anonymat et à fonds perdus. En ces temps de crises cela semble peu pertinent. C’est peu être cela qui a poussé NKM à accpeter le ministère de l’écologie…

Du coté des récepteurs, pas moyen de trouver des références sur la toile. Enfin si, une seule marque vendue dans une seule enseigne : PURE chez Darty. J’ai décidé de faire un peu le tour des grandes enseignes  de cette petite ville qu’est Lyon pour trouver un récepteur. Chez Darty, le vendeur voyait de loin ce qu’était la RNT et ne savait pas que cela fonctionnait à Lyon  mais il a su me retrouver l’un des deux modèles qu’il avait en rayon : hors de prix, vintage donc absolument indispensable… ou pas. Carrefour, la FNAC, Planète Saturn, Auchan même discours : « La RNT ? Ah oui ! Et ça marche à Lyon ? Ah bon ! Mais avec un décodeur TNT ça doit marcher, non ? ». Làs de devoir refuser des décodeurs TNT je me suis arrêté.

La RNT n’existe pas, du moins pas pour le grand public et ne représente pas assez d’enjeux politiques. C’est bien dommage car elle aurait sa place dans le « débat » sur la rémunération des œuvres artistiques et sur l’expression de leur diversité. Après effets d’annonces et effets de manches nous attendons encore de voir quelque chose de concret. Il y a bien une réunion à Lyon cette semaine, le 19 mai 2011, mais uniquement pour la presse, et sur invitation, pour présenter les récepteurs déjà disponibles en point de ventes… l’orateur à intérêt à savoir faire durer le plaisir. ça se passera ici : RNT à Lyon : la Radio Numérique c’est fantastique. D’ailleurs ils ont réalisé un superbe site pour l’occasion : http://www.rntlyon.fr